3 idées simples pour que la France se dote enfin d'une vraie politique d'immigration et d'intégration

3 idées simples pour que la France se dote enfin d'une vrai politique d'immigration et d'intégration.

eSur les questions cruciales du droit d’asile, de l’immigration et de l’intégration, beaucoup de choses ont été dites, tout le monde reconnaît la complexité du sujet, néanmoins il faut à un moment donné agir car quand on dresse un portrait de l’existant, c’est le mot urgence qui vient à l’esprit.

A une situation si dégradée, on ne peut indéfiniment répondre par l’aveuglement et la fuite en avant.

Si nous voulons répondre aux défis qui se posent à notre cohésion sociale et à notre « vivre ensemble » avec l’afflux massif de migrants et de réfugiés, il faut se poser trois questions simples partagées par la majorité des Français.

Sur le droit d’asile d’abord, la France signataire de la convention de Genève a un devoir vis à vis de ces réfugiés, albanais, afghans, haïtiens, soudanais syriens et leurs familles qui fuient la guerre, la violence et les dictatures, et qui de plus en plus nombreux s’entassent à nos frontières. La France a enregistré en 2017 un peu plus de 100.000 demandes d’asile, un record absolu soit plus de 20% par rapport à l’année d’avant. Malheureusement Il est notoirement connu que les délais de réponse de l’OFPRA sont trop longs et plongent dans l’incertitude et la détresse ces demandeurs d’asile du fait de l’indétermination de leur situation administrative.

Il faut y remédier au plus vite et c’est le sens de la réforme du droit d’asile voulue par d’Emmanuel Macron et son gouvernement. Pour cela il faut très vite et très tôt proposer un accueil personnalisé pour orienter les demandeurs vers des structures adaptées, capables de traiter leur situation. Beaucoup de ces demandeurs se trouvent dans les hébergements d’urgence. C’est donc là aussi, qu’il faut agir.

Le gouvernement a annoncé la création de 7.500 places de centres d’accueil des demandeurs d’asile (CADA) en 2018 et 2019 et de 5.000 places dans des centres provisoires d’hébergement (CPH). C’est un effort considérable comme l’attestent les 276 millions d’euros ouverts en complément des crédits initiaux 2017, auxquels sont rajoutés 89 millions d’euros .

Du jamais vu!

Le Premier ministre a reçu les associations engagées dans l’hébergement d’urgence et l’accueil des demandeurs d’asile pour leur dire très clairement que les équipes mobiles chargées d’accompagner les réfugiés n’ont pas de pouvoir coercitif et que les associations ne sont pas appelées à conduire les examens de situation car ce n’est pas leur rôle. Cette démarche ne remet nullement en cause l’inconditionnalité de l’accueil prévue par l’article L345-2-2 du code de l’action sociale et des familles car il stipule une prise en compte de tous les publics et une orientation adaptée à leur situation.

Réformer le droit d’asile c’est donc se donner les moyens de cibler au plus près ceux qui peuvent en bénéficier et ce n’est pas un déshonneur que d’essayer de les identifier, d’ailleurs pourquoi ce qui est valable pour le recensement des sans abris, initiative prise par Anne Hidalgo, maire de Paris lors de la nuit de la solidarité, ne serait pas « éthique » pour les demandeurs d’asile?

Il est tant de sortir de l' »hypocrisie » qui justifie l’inaction, si nous voulons combattre l’inertie et l’embolie du droit d’asile, il faut le réformer et au plus vite. Pour cela il faut des outils pertinents, le recensement et l’accueil personnalisé en sont les premiers.

Deuxième idée simple, quelle politique d’immigration voulons-nous? Elle ne peut se confondre avec la politique du droit d’asile. La France ne peut accueillir toute la misère du monde prophétisait Rocard, mais ajoutait-il, elle doit y prendre toute sa part. C’est donc à une politique d’immigration courageuse et assumée que nous appelons. Oui, notre pays a besoin d’une immigration régulière car notre démographie et nos entreprises le demandent. Cette immigration doit être maitrisée, régulée pour assurer la souveraineté de nos frontières et son acceptation par la société française. Chaque année le parlement devrait, d’une façon apaisée et responsable en donner les contours, les modalités et les critères. Cela couperait l’herbe sous le pied aux instrumentalisations partisanes honteuses qui nourrissent le populisme et la xénophobie. Cette politique d’immigration assumée doit aller de pair avec une lutte sans merci contre les passeurs, les filières mafieuses qui se jouent de la dignité humaine et qui ont fait de la Méditerranée, le plus grand cimetière marin. Il faut se réjouir que plus de 300 filières aient été démantelées en 2017 grâce à une politique de fermeté efficace.

Malheureusement, faute de politique d’immigration affichée, beaucoup de réfugiés économiques se déguisent en demandeurs d’asile ou basculent dans la clandestinité.

Mais avec une politique d’immigration rénovée c’est aussi une politique de co-développement digne de ce nom qui doit voir le jour, avec de vrais moyens et une morale qui ne soit pas celle de « la Françafrique ».

C’est aussi l’assurance d’une meilleure intégration et c’est ma troisième idée simple partagée par les français. Comment réussir l’intégration après des décennies de recul, quand l’école ne joue plus son rôle de creuset d’intégration, quand dans beaucoup de nos quartiers populaires, un chômage endémique lié en partie aux discriminations frappe durement les personnes issues de l’immigration avec parfois un taux qui avoisine les 30%, avec surtout une solidarité communautaire issue des 30 glorieuses qui fait place lentement mais inexorablement au communautarisme avec pour marqueur l’emprise du religieux dans l’espace public. J’appelle le président de la République à s’atteler avec détermination à ce chantier capital en nommant un haut Commissaire à l’égalité des chances qui inscrira en transversal cette exigence dans toutes les politiques publiques (logement, emploi, culture, éducation, citoyenneté)

Notre cohésion sociale et notre « vivre ensemble » sont aujourd’hui menacés, par la pauvreté et les inégalités bien sûr mais aussi par une intégration des populations « venues d’ailleurs » devenue difficile car non anticipée et non assumée. Il est temps d’inverser ce schéma mortifère.

Les questions cruciales d’immigration, de droit d’asile et d’intégration sont à régler car elles sont porteuses de divisions, mais elles peuvent devenir, si nous en avons le courage, une opportunité formidable pour refonder notre pacte social et générer de la concorde et de la richesses dans nos villes et nos quartiers. Pour cela évitons les anathèmes et les instrumentalisations partisanes. « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » disait Albert camus, alors en républicains convaincus, je nous invite au rassemblement et au dialogue pour cette cause qui nous est si chère : faire que la France reste une terre d’accueil et d’intégration.

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