Cancer : l'étude sur les aliments ultra-transformés est à relativiser

Le 15 février a été publié dans le British medical journal (BMJ) une étude française reliant la consommation de produits « ultra-transformés » à une augmentation du risque de cancer de plus de 10%. Suite à l’engouement engendré autour de cet article, les auteurs et spécialistes insistent sur le fait que c’est une première observation et que le sujet devra être plus creusé. Rien d’alarmant donc…

Aucune causalité n’a été démontrée

Suite à cette étude, le BMJ a publié un éditorial afin de rappeler qu’il ne faut pas tirer de conclusions hâtives. La revue estime que cette étude « mérite une exploration attentive et plus poussée ». Concernant les points discutables, le journal explique que « le tabagisme et la faible activité physique étaient beaucoup plus fréquents chez les participants qui consommaient une plus grande proportion d’aliments ultra-transformés ».

Catherine Chapalain, directrice générale de l’Association nationale des industries agroalimentaires (Ania) a précisé au micro de RTL que seule une corrélation avait été montrée et non un lien de causalité entre les aliments ultra-transformés et l’augmentation du risque de cancer. « Ce n’est pas du tout démontré dans l’étude qu’il y a un problème avec les additifs« , a-t-elle ajouté.

Un terme « fourre-tout »

Le Dr Ian Johnson, chercheur en nutrition au Quadram Institute Bioscience, en Angleterre, a déclaré au Science Media Centre « que la définition des aliments ultra-transformés qu’ils ont utilisés est si large et si mal définie qu’il est impossible de décider exactement quels liens de causalité, le cas échéant, ont été observés ». Le terme « ultra-transformés » serait d’ailleurs peu utilisé par les scientifiques de la nutrition, selon Tom Sanders, professeur en diététique du King’s College de Londres.

L’éditorial du BJM conclu sur le fait que cette étude a permis d’explorer certaines questions importantes, mais pas toutes. « Il faut veiller à transmettre au grand public les forces et les limites de cette dernière analyse et à mieux faire comprendre la complexité de la recherche nutritionnelle ».

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