Pour les européennes, le parti de Macron veut copier-coller la stratégie gagnante de 2017

Pour les européennes, LREM veut copier-coller la stratégie gagnante de 2017.

POLITIQUE – Pas question de changer une stratégie qui gagne. La République en marche, qui rêve de remporter les élections européennes de 2019 -premier scrutin global depuis l’élection d’Emmanuel Macron- s’apprête à reproduire le schéma qui a conduit son fondateur à l’Élysée. À un peu plus d’un an de l’échéance Christophe Castaner présente ce mercredi 21 mars la Grande marche pour l’Europe qui sera lancée officiellement samedi.

Ce jour-là, les militants LREM chausseront leurs baskets pour parcourir le pays. Durant six semaines, 2000 départs seront organisés dans toute la France, dans l’optique de récupérer 70.000 contributions. « Notre mouvement ira à la rencontre des Françaises et des Français, partout en France comme à l’étranger, pour recueillir leurs préoccupations, leurs attentes et leurs propositions », résume l’entourage du délégué général de LREM. Les résultats seront ensuite traités comme un sondage géant durant l’été.

Écouter plutôt que débattre et convaincre

Comme lors de la présidentielle, et avant ce qui se fera pour les élections municipales du printemps 2020, les macronistes ne frapperont pas à n’importe quelle porte. Comme révélé par Paris Match, la société Liegey Muller Pons (LMP), dont l’un des dirigeants a participé à la campagne de Barack Obama en 2008, a été mandatée pour cibler exactement les bonnes personnes. « On est encore loin de l’échéance », souligne Pieyre-Alexandre Anglade, le monsieur Europe de LREM, qui refuse de donner une date pour la restitution et la constitution du programme macroniste pour les européennes.

L’enjeu de cette grande marche est tout de même de combler le déficit programmatique du parti majoritaire. Pendant la campagne, et depuis qu’il est le chef de l’État, Emmanuel Macron s’est toujours positionné comme un pro-européen. Personne ne lui conteste l’étiquette et c’est l’un des principaux dénominateurs communs de tous ses soutiens, qu’ils viennent de gauche ou de droite.

Seulement, gagner le prochain scrutin ne se fera pas sur la seule incantation. « Nous devons sortir de la logique référendaire. Car si la question sur l’Europe se résume à oui ou non, c’est rarement positif, constate Pieyre-Alexandre Anglade. C’est pourtant ce qui a été fait depuis le non à la Constitution en 2005. On a laissé la question aux eurosceptiques et aux populistes. » L’enjeu de cette grande marche est donc de demander aux Français ce qu’ils attendent de l’Europe et dans quels domaines précis, s’ils en veulent plus ou moins. « L’objet n’est absolument pas de débattre ou de convaincre les interlocuteurs. Il faut écouter », explique-t-on au siège du parti.

Occuper l’espace pour éviter les questions qui fâchent

S’il n’y a pas de fléchage prédéfini, les thèmes de la santé, de l’environnement, du terrorisme et de la défense seront au coeur des discussions. Aucune proposition ficelée ne sera tout de suite mise au débat. « Mais peut-être que des thèmes émergeront comme ce fut le cas en 2016 avec l’égalité femmes-hommes », rappelle un cadre LREM. À quatorze mois de l’élection, les macronistes se donnent donc du temps pour avancer vers l’élection. Comme pour la présidentielle, ils occupent le terrain et auront une réponse toute prête à apporter à ceux qui poseront une questions sur l’absence de propositions précises.

« Après le temps de l’écoute, viendra celui de l’élaboration des politiques publiques européennes avec des experts, la société civile et nos partenaires européens », ajoute un proche de Christophe Castaner. Quels sont ces partenaires? Dynamiter l’échiquier politique européen comme il l’a fait en France est l’ambition d’Emmanuel Macron mais cela s’annonce encore plus difficile. Car construire une grande force pro-européenne qui irait de Daniel Cohn-Bendit à Alain Juppé –avec une tête de liste qui ne s’impose pas d’elle-même– signifie vouloir s’allier avec des écologistes et certains membres de la droite. Or tous ces courants s’opposent au parlement européen et les conservateurs du PPE (mouvement auquel appartient Angela Merkel) ne sont pas disposés à lui faire de cadeaux.

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